La filière biologique française

Apparue au début des années 20, l’agriculture Biologique revoit les modes de production de l’agriculture conventionnelle en privilégiant une meilleure gestion des écosystèmes à l’utilisation d’intrants artificiels extérieurs. La filière biologique française fut officiellement définie en France en 1980 et seulement en 1991 par l’Union Européenne.

I.1. Définition de l’agriculture Biologique

« L’agriculture Biologique est une agriculture à haute valeur ajoutée, plus autonome, plus économe, sans impact négatif sur les ressources naturelles, la santé et l’environnement » (Parlement Européen, 2000).

L’agriculture Biologique c’est avant tout un équilibre entre l’homme et la nature. Elle considère le sol comme un milieu vivant et respecte les cycles naturels des plantes et des animaux. Elle est définie, selon la réglementation comme un mode de production agricole qui interdit l’utilisation d’engrais de synthèse, de pesticides de synthèse, d’antibiotiques et d’OGM (Organismes génétiquement modifiés).

Les principes de l’agriculture Biologique :

 Le principe d’écologie

Préserver l’équilibre naturel de l’environnement

Basée sur les cycles naturels et les systèmes écologiques vivants, l’agriculture Biologique s’accorde avec eux, les imite et les aide à se maintenir.

La production doit être basée sur des processus écologiques et de recyclage

Les intrants naturels (fumier, compost, engrais organique) doivent être réduits de par leur réutilisation, leur recyclage et une gestion efficiente des matériaux et de l’énergie de façon à maintenir et améliorer la qualité environnementale et à préserver les ressources.

 Le principe économique

Assurer un revenu décent aux agriculteurs et favoriser l’autonomie des exploitations

 Le principe de santé

L’agriculture Biologique soutient et préserve la biodiversité, la fertilité des sols, ainsi que la qualité de l’air et de l’eau. Elle contribue au respect des plantes, des animaux, des hommes et de la planète.

L’agriculture Biologique est destinée à produire des aliments de haute qualité, qui sont nutritifs et qui contribuent à la prévention des maladies et au bien-être. Elle proscrit donc l’utilisation de fertilisants, pesticides, produits vétérinaires et additifs alimentaires qui peuvent être mauvais pour la santé.

 Le principe social et d’équité

Conforter les agriculteurs en tant qu’acteurs centraux de la vie en milieu rural et les considérer pour leur rôle nourricier à l’égard de la population

En plus d’un mode de production différent, l’agriculture Biologique prône un rapport socio-économique plus équitable entre les acteurs des filières agricoles

◊ Le principe de précaution

L’agriculture Biologique doit être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures ainsi que l’environnement. L’amélioration de l’efficacité et de la productivité de l’agriculture Biologique ne doit pas se faire au risque de mettre en danger la santé et le bien-être. Les nouvelles technologies ont besoin d’être évaluées et les méthodes existantes révisées.

IFOAM General Assembly: Principles of Organic Agriculture, 2005

I.2. Réglementation, certification, contrôle

Les pratiques de production en agriculture Biologique sont régies par un cahier des charges européen: CE n°834/2007.

Ce cahier des charges, gage de transparence et d’harmonisation de la réglementation de l’agriculture Biologique au niveau européen, porte notamment sur :

–       Les principes de production, d’élevage, de préparation, de distribution et d’importation,

–       Les listes positives de produits, additifs et auxiliaires utilisables (pour la fertilisation, les traitements, la transformation…),

–       Les principes de contrôle, de certification, de sanction et d’étiquetage.

Chaque opérateur engagé dans la filière Biologique (producteur, transformateur, distributeur) se doit de respecter la réglementation du cahier des charges de l’agriculture Biologique.

Sur l’ensemble de la filière, depuis le producteur jusqu’au consommateur, la transparence et la traçabilité des produits Biologiques sont assurées par le contrôle de l’ensemble des pratiques des producteurs et opérateurs Bio. Chaque produit issu de l’agriculture Biologique doit, pour être commercialisé, avoir été contrôlé par un organisme certificateur agréé. Des certificats sont délivrés par ces organismes certificateurs si les produits sont jugés conformes au cahier des charges européen.

Afin de garantir ce respect de la réglementation, des contrôles sont effectués par des organismes certificateurs indépendants. On dénombre six organismes de certification et de contrôle à ce jour :

–          Ecocert

–          Agrocert

–          Qualité France

–          SGS ICS

–          ULASE

–          ACLAVE

Pour être agréés, ces organismes ont dû répondre aux critères d’indépendance, d’impartialité, d’efficacité et de compétence, tels que définis par le règlement communautaire et les dispositions de la norme européenne EN 45 011, relative aux organismes chargés de délivrer la certification des produits.

I.3. Les produits Biologiques

Un produit Bio, répondant aux exigences du cahier des charges européen de l’agriculture Biologique et certifié par un organisme de contrôle indépendant, se reconnait par un logo.

Le logo Bio européen et le logo AB.

Le logo Bio européen doit être obligatoirement apposé sur tous les produits Bio alimentaires pré-emballés dans l’Union européenne.

agriculture bioCe logo commun à tous les pays de l’Union Européenne est accompagné  de la mention « certifié par FR-BIO-XX ». Ce code spécifie l’organisme certificateur qui a contrôlé le produit.

La mention « Agriculture UE/NON-UE » spécifie l’origine de la matière première agricole entrant dans la composition du produit:

– Nom du pays lorsqu’au moins 98% des ingrédients en sont originaires ou

– UE : Union européenne ou

agri_bio

– NON-UE : hors Union européenne

Le logo AB, initial d’Agriculture Biologique, était destiné à l’origine aux produits Bio commercialisés sur le territoire français. Depuis l’harmonisation du marquage des produits Bio au sein de l’Union Européenne, le logo français AB est devenu facultatif. On continue cependant à le retrouver sur une majorité de produit du fait qu’il reste le plus reconnu par les consommateurs français.

La garantie de la naturalité et de l’authenticité

• 0 résidu de pesticides dans les fruits et légumes Bio contre 37 dans le conventionnel (ce qui représente 27 molécules différentes)

• 1 molécule en résidu de synergisant dans 2 échantillons de pain à des doses très faibles en Bio.

• Il ya 223 fois moins de résidus de pesticides en moyenne dans les aliments Bio que dans les aliments conventionnels

• 17 résidus de pesticides suspectés d’être cancérigènes ou perturbateurs endocrinien dans les produits non Bio contre 1 seul détecté en Bio. (Générations futures, 2011)

L’objectif des transformateurs de produits Biologiques est de conserver au maximum les qualités organoleptiques et nutritionnelles des matières premières agricoles Biologiques.

Cela se fait en privilégiant des méthodes et techniques de formulation, transformation et conservation majoritairement physiques, mécaniques et Biologiques (contrôle de l’atmosphère du produit, appertisation, stérilisation, pasteurisation, conservation avec du sel, avec du sucre, avec de l’huile etc..). Ainsi l’huile végétale Biologique est extraite par pression à froid à contrario de l’huile végétale non Biologique extraite chimiquement par solvant.

Le cahier des charges de l’agriculture Biologique restreint l’utilisation d’additifs et auxiliaires par les transformateurs de produits Bio. Tout ajout de colorants, arômes chimiques de synthèse et exhausteur de goût est interdit dans les produits Bio. On dénombre 47 additifs alimentaires autorisés (conservateurs et antioxydants) dans les produits Bio contre plus de 300 en conventionnel. La majorité d’entre eux sont d’origine agricole et naturelle.

Sans produit chimique de synthèse

En 2004, en France, une étude réalisée sur un panel de fermes de grandes cultures en Midi-Pyrénées a fait ressortir qu’à structure d’exploitation identique, le contenu en emploi était supérieur de 30% en Bio. Agence Bio Lettre d’Information N°14 Eté 2010

Du fait de l’interdiction de l’utilisation de produits chimiques de synthèse (engrais de synthèse, insecticides, pesticides et désherbants) en agriculture Biologique, les produits Bio présentent bien moins de résidus de produits chimiques que les produits conventionnels.

L’autorité Européenne de sécurité des aliments a publié en 2011 son troisième rapport d’étude porté sur la présence de résidus de pesticides dans les aliments Bio et non Bio. 68 000 échantillons d’aliments prélevés dans tous les états membres de l’UE ont été analysés afin de déterminer la présence de résidus de pesticides. Il en est ressorti que seuls 2 % des échantillons de produits Bio Français contenaient des traces de pesticides, dans aucun cas, le taux de résidus ne dépasse les Limites Maximales en Résidus (LMR). Ce taux est infime comparé aux résultats des analyses portées sur les fruits et légumes qui annoncent que 37.74 % des fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle présentent des résidus de pesticides.

Les produits Bio coûtent-ils plus cher ?

Il ne faut pas confondre coût à l’achat et coût réel d’un produit.

Un produit Bio coûte plus cher à l’achat parce que :

– Une agriculture humaine et respectueuse de l’environnement produit à un rendement moins élevé

90 jours d’élevage minimum pour les poulets Bio contre 39 en traditionnel

– Il faut plus de main d’œuvre pour produire des produits Bio en raison de la mis en œuvre de techniques alternatives aux produits chimiques nécessitant plus de temps de travail

– Le respect du bien être animal requiert des bâtiments plus spacieux, un temps d’élevage plus long

– L’alimentation pour les animaux est plus cher du fait qu’elle doit impérativement être, elle aussi, issue de l’agriculture Biologique

– Un système performant de certification et contrôle des produits Biologiques chez tous les acteurs des filières engendre des frais

– Les entreprises impliquées dans les filières Bio sont des petites et moyennes entreprises, et ne bénéficient donc pas d’économie d’échelle

Cependant, les produits Bio coûtent moins cher à la société :

– L’agriculture Biologique est moins subventionnée donc coûte moins cher aux contribuables

Coût annuel du ramassage des algues vertes en Bretagne : 1 million d’euro. A ceci s’ajoute le coût du traitement des algues, de la dénitratation des réseaux d’eau et le manque à gagner qu’engendre la baisse d’attractivité touristique du littoral Breton. (Association Bretagne, terre d’eau pure, 2011)

– Du fait d’un besoin supérieur en main d’œuvre, elle est créatrice d’emploi

– Elle n’engendre aucun coût de dépollution, notamment ceux liés au traitement de l’eau

– Elle diminue les problèmes d’érosion du sol

– Elle est plus économe en énergie

Mentions légales - CGV - Réalisation technique : Click Internet - Réalisation graphique : bienvustudio. - © 2013 - 2018