Définitions de terroir et locavorisme

TerroirLa notion de Terroir :

La notion de terroir reste délicate à définir.

Définition : Un terroir est un espace géographique délimité défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs, et de pratiques fondées sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits et services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition (Définition proposée à partir d’un  groupe de travail INRA/INAO, 2005)

L’association « TERROIRS & CULTURES »  s’est essayée à travers son écrit « CHARTE DES TERROIRS » à définir ce concept:

◊ Un terroir et ses produits constituent un patrimoine culturel et biologique. Il est un espace unique essentiel à conserver dans le contexte actuel de standardisation. Un terroir contribue au développement durable des patrimoines culturels et biologiques, des modes de production et des systèmes alimentaires dans le but de satisfaire les besoins des consommateurs et la cohésion de la société.

◊ Les terroirs sont porteurs d’une culture fortement identitaire, notamment d’un point de vue alimentaire. Ils se caractérisent par des liens étroits entre produits de terroir, culture alimentaire locale et savoirs traditionnels.

◊ Le terroir et les produits de terroir doivent pouvoir occuper une place importante dans l’économie et le commerce à l’échelle locale, régionale, nationale et internationale. Pour cela, ils doivent bénéficier d’une reconnaissance publique et leurs dénominations géographiques et leurs savoir-faire doivent être protégés juridiquement. Le droit de propriété intellectuel portant sur les produits de terroir est un élément essentiel.

La notion de Locavorisme :

L’alimentation est un levier de changement important. A force de négliger la provenance de nos aliments et de favoriser le toujours moins cher, nous oublions trop souvent que ce sont nos propres conditions de vie que nous estimons au rabais : notre santé, notre environnement, notre économie… et le bien-être des générations futures. 

N’avez-vous tout de même pas la sensation, parfois, que nous avons tout oublié? Notre lien à la terre, à la biodiversité, à la saisonnalité, au goût etc. Tellement oublié que l’on se préoccupe bien plus des ouvriers asiatiques exploités que des pauvres cultivateurs ou pêcheurs français.

Être locavore c’est donc de regarder les choses autrement, creuser, aller plus en profondeur. Il s’agit de prendre conscience que notre alimentation détermine notre façon d’exploiter le monde. Les locavores se considèrent comme un groupe d’aventuriers culinaires qui tendent à consommer des aliments produits à moins de 160 km de leur ville. Cependant, en étant locavore, on ne cherche pas à reculer sur le train des avancées, mais plutôt à en modifier la course, à être créatif et en avance sur le progrès lui-même.

En France, notre culture culinaire est bien plus ancrée dans notre territoire que dans bien d’autres pays, ce qui n’empêche pas d’être soucieux de la façon dont nous pouvons préserver tradition et savoir-faire.

La mondialisation a engendré un nivellement des goûts, une destruction de la biodiversité, des dégâts environnementaux et de nombreux paradoxes économiques. Autant de raisons à l’origine de la célèbre expression : « penser global, agir local ».

Les préceptes du mode de pensée des locavores sont qu’ils cherchent à défendre les traditions culinaires locales et incitent à réfléchir aux impacts globaux de nos modes de vie, à retrouver une agriculture digne de ce nom, à recréer des liens sociaux plus forts et à réfléchir tous ensemble aux manières de relocaliser notre économie, alimentation et savoir-faire.

L’uniformisation et la mondialisation touchent également nos campagnes et l’apparence de nos territoires, il est donc indispensable de préserver nos terroirs et nos régions en faisant reculer l’agriculture intensive, premier maillon de la longue chaîne de la « malbouffe ».

En somme, réfléchir à son mode de consommation et entreprendre de manger local, c’est essayer de retrouver ses racines à travers ce que l’on ingère, en redécouvrant les saisons et les saveurs, en reprenant une autonomie sur ce qui nous nourrit au quotidien.

Une grande partie du problème sous-jacent à la réflexion sur les liens entre le global et le local réside dans nos modes de production agricoles intensifs. Les méthodes de culture intensive ont, dans de nombreux cas, contribué aux dommages occasionnés à l’environnement  : elles provoquent érosion, salinisation, désertification, perte de fertilité des sols. En effet, l’agriculture intensive est fortement industrialisée, elle utilise beaucoup d’intrants, consomme de l’énergie, crée peu d’emplois, favorise les monocultures et s’inscrit dans une démarche de compétitivité économique.

Ceux qui prônent une alimentation locale se heurtent à différents obstacles, au problème de la diversité alimentaire locale et des difficultés liées à la transformations des aliments. Cependant, leur démarche permet d’encourager les agriculteurs à produire de nouveaux produits et de nouvelles cultures. De plus, lorsque les relations s’instaurent sur le long terme, cela permet aussi de réduire les coûts.

Il est important de noter aussi que l’argent dépensé dans une alimentation régionale permet de soutenir l’économie locale. Au total, l’argent dépensé localement génère près de deux fois plus d’argent pour l’économie locale.

Source : Le Guide du Locavore, Anne-Sophie Novel

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